Portraits
Photographier une personne, pas une apparence.
Un portrait est bien plus qu'une photographie.
Il est la rencontre entre une personne, un regard et un instant qui ne se reproduira jamais. Avec le temps, il devient le témoignage d'une époque, d'une personnalité et d'un moment de vie.
C'est cette conviction qui guide mon travail.
Une rencontre avant une photographie
Je travaille exclusivement en noir et blanc sur film argentique.
Ce choix n'est pas motivé par la nostalgie ni par la recherche d'un style particulier. Il m'invite à ralentir, à porter davantage attention à la personne photographiée et à construire chaque portrait avec une intention précise.
Avant de sortir l'appareil photographique, il y a toujours une rencontre.
Une discussion.
Une confiance qui s'installe progressivement.
Je considère que le portrait commence bien avant la première photographie.
Révéler plutôt que transformer
Beaucoup de personnes me confient qu'elles ne sont pas photogéniques, qu'elles n'aiment pas être photographiées ou qu'elles ne se reconnaissent jamais sur les images.
Je comprends parfaitement ce sentiment.
Je ne crois pas que certaines personnes soient faites pour être photographiées et d'autres non.
Je pense surtout qu'un portrait ne devrait pas chercher à transformer une personne, mais à la révéler.
Je ne recherche ni des mannequins, ni des visages parfaits.
Ce qui m'intéresse, ce sont les expressions naturelles, les regards, les silences, les hésitations, les mains marquées par le travail, les rides qui racontent une vie et tous ces détails qui font de chacun une personne unique.
Des portraits pensés pour durer
Je ne réalise pas des portraits destinés à suivre les tendances ou les codes d'une époque.
Je cherche à créer des témoignages photographiques qui conserveront leur sens dans plusieurs décennies.
Non parce qu'ils répondent à une mode, mais parce qu'ils racontent une personne, un regard, une présence et un moment de son existence.
J'aime imaginer que, dans cinquante ou cent ans, ces portraits seront regardés avec la même curiosité que nous portons aujourd'hui aux photographies anciennes.
Non pour leur qualité technique, mais pour ce qu'ils raconteront de celles et ceux qui nous ont précédés.
Le choix du film argentique, du développement en chambre noire et du tirage traditionnel participe naturellement à cette démarche.
Le négatif devient une archive.
Le tirage devient un objet que l'on peut conserver, transmettre et redécouvrir des années plus tard.
Au fond, je ne cherche pas seulement à réaliser des portraits.
J'essaie de créer des témoignages photographiques qui traverseront le temps et qui, un jour peut-être, raconteront à d'autres qui nous étions.
« Un portrait traverse le temps lorsque l'on y reconnaît encore une personne, et non une époque. »